TRIBUNA NOASTRA
NR. 60, ianuarie - aprilie 2008

GALERIA INTER PALLAS

 

Bon voyage, Versus !

Samedi le 8 mars. On a annoncé le vernissage de l’exposition de peinture du groupe Versus - à la Galeríe Inter Pallas de Montréal, à l’heure de pointe de la tempête de neige, transmise comme signal d’alerte sur toutes les chaînes de radio et TV du Québec. Parmi les exposants se trouvent des artistes roumains qui sont très appréciés dans notre communauté par ceux qui aiment l’art.

Versus, né il y a dix ans avec un noyau de neuf artistes, conséquents à leur credo artistique, se trouve à sa dixième présentation! Donc une exposition anniversaire. On ne pouvait pas s’y absenter…

Le nom du groupe  m’emmène en arrière, il y a beaucoup d’années, quand je fixais dans la mémoire sous forme de poésie, les prépositions du latin… : versus en traduction, contre; mot utilisé aujourd’hui dans le sport et les documents juridiques. Dans l’art, il a le sens à l’égard de, en indiquant une opposition fonctionnelle dans le cadre d’un binôme; dans la musique et les arts plastiques signifie une autre partie de l’entier par rapport à ce que, généralement, on connaît déjà.

Je comprends, donc, que Versus est une manifestation artistique qui représente une nouvelle attitude à l’égard de l’art plastique, une nouvelle modalité de l’interpréter par rapport à la manière dont elle était vue dans les siècles passés. Une porte largement ouverte vers l’art du XXI-e siècle, animé par des artistes talentueux avec esprit d’initiative, impliquant de l'innovation, du courage. Le groupe est formé par des artistes en pleine force créatrice, qui travaillent chacun dans son style, mais qui veulent être  ensemble; ils se respectent, en sachant que l’unité reçoit plus de force par la diversité, et la diversité fortifie l’unité.

Les artistes du groupe Versus, sans vouloir être un mouvement d’avant-garde démo-latrice, apprennent des grands précurseurs, s’approprient celle partie de leur création qui s’ajuste mieux à la sensibilité artistique de chacun. Unis par la manière dont ils voient le rôle de l’art dans la société de nos jours, envahis par le kitsch quotidien, partant pour chaque exposition d’un thème unique, ils unissent sur les mêmes cimaises, les œuvres d’une diversité impressionnante comme manière de regarder le monde et comme technique de création. Un spectacle courageux de formes, lignes, couleurs; une combinaison surprenante des techniques et des matériaux. Mais ils ne pratiquent pas une peinture abstraite, même si, parfois - vaguement figurative. Le thème et le nom du tableau incitent les spectateurs à méditer, en les déterminant de communiquer avec les objets  exposés.

Je ramasse quelques données de deux albums du groupe et je découvre une union d’artistes plastiques en pleine maturité créatrice, énergiques, enthou-siastes, avec une préparation académique multilatérale sé-rieuse dans le domaine artis-tique, formés dans des collèges de spécialité et à l’Université du Québec de Montréal. Parmi eux figurent aussi des noms roumains, cadres didactiques ou membres du groupe avec des études en Roumanie, dans des centres universitaires de prestige.

Assimilation ? - pas du tout. Une intégration normale de jeunes gens qui savent dès le début ce qu’ils veulent dans la vie, auxquels le multicul-turalisme montréalais leur a offert la chance de s’intégrer. Montréal, cette métropole culturelle de l’Amérique, a su les adopter, en leur respectant l’originalité et les intégrant dans l’unité promue sous le nom de multiculturalisme.

J’extrais d’un album du groupe le poème composé par Denis Bergeron, l’un des membres du groupe, dédié au processus de création de l’œuvre artistique - Imaginarius, qui  invite le spectateur à une collaboration avec le créateur, car l’oeuvre artistique n’est pas complet sans la collaboration du spectateur:

Toujours aujourd’hui, toujours maintenant./ J’imagine, j’image, j’anime des formes./ Je crée des images, suggestives, inattendues./ J’arrive dans un nouveau pays, nouveau monde./ Quels sont les fruits de ce voyage ?/ Ouvrons l’œil !/ Autant de spectateurs, Autant de regards./… Bon voyage !!!»

Etant certaine que le vœu « Bon voyage» sera de bon augure, je regarde les tableaux du groupe Versus avec le thème «Évasion», dans l’hospitalière Galerie Inter Pallas. Tant que je regarde fascinée, me trouvant dans un autre monde, les visiteurs viennent, la salle se remplit (inconcevable par un tel temps!).

Le discours introductif de M. Marc Marinescu Constantin, le généreux artiste, connu dans la communauté roumaine de Montréal pour ses actions culturelles - agrandit l’attention et la curiosité des visiteurs.

En regardant les exposés, je m’échappe dans le réel et l’imaginaire, qui m’emmène par l’histoire de la province canadienne - de la peinture sur  un cuir renversé préparé comme un  parchemin - Le chaman - ou des  images des contes québécois avec un  aspect d’illustration d'un livre, passant par le monde de rêve des tableaux où des images d’une matérialisation palpable déroutante se découpent, sortant, semble-t-il du cadre, ensuite une technique insolite (photographie, encre, vernis) qui présente des images  superposées, d’un  univers domestique décomposé - Illusion; dessins suggérant un monde des idées, des émotions, issus d’une harmonie antérieure, réflexions intellectuelles, immergées en lumière, ombre… mais comme si l’art pouvait être raconté…!

Même si on jette seulement un regard général qui devra  englober les exposés dans  l’ensemble, on distingue quelque chose différent, quelque chose connu déjà, comme «de chez soi». Je lis l’explication d’en bas de certains exposés - deux tableaux, plaçant sur un  fond blanc, dans des cadres réguliers verticaux, un arrangement de  trois «pots» décoratifs, on dirait de céramique émaillée par nos potiers: Oana Comşa - Évasion - «Evasion, pour moi, signifie le désir d’être  libre. Etre libre, au sens de la  liberté intérieure, de l’évasion dans un monde des idées, des formes, des couleurs, des espaces infinies… Ce sont des composantes seqven-tielles, qui représentent des formes irrégulières dans des «cadres  réguliers»… Je remarque la proéminence de l'email, sa ligne spiralée qui donne un certain dynamisme et profondeur à l’image à l’intérieur de certains contours irréguliers, même si bien délimités. Et c’est, quand même, une peinture! «Par la manière dont elles sont présentées, de type installation en relief, - continue Oana - les tableaux contiennent aussi un autre message. Un message-protestation contre le nouveau type de commerce d’art  avec des  reproductions  des artistes célèbres, qui, à causes des moyens techniques avancés, sont devenus très raffinés, menant à la vulgarisation de l’acte artistique.

C’est pourquoi, beaucoup d’artistes  contemporains, cherchent garder l’unicité des oeuvres par la manière dont ils  exposent les tableaux, faisant l’imitation moins  accessible».

J’apprends que Oana, est formée à l’Académie d’Art de Cluj, avec des  spécialisations en arts  plastiques et décoratifs, avec une licence  en textiles - mode; elle s’est établie à Montréal, en complétant ses connaissances et ses habiletés techniques, dès 1999. Elle a eu une  exposition personnelle à la Galerie Inter Pallas avec le thème Espaces Duales, où le spectateur roumain reconnaissait la matrice de «l’espace mioritique». Dès l’apparition du groupe Versus elle expose sur ses cimaises  annuelles.

A gauche, ce sont trois peintures à l’huile, en flammes, qui attirent l’attention. Il s’agit de Trinité  de Raluca Pilat.

Même du début de son établissement à Montréal (2003), Raluca Pilat, licencié de l’Académie d’art Nicolae Grigorescu de Bucarest, s’est encadrée dans la vie artistique de la Métropole par la collaboration avec la  Galerie Gora de Montréal. Le vernissage de l’exposition personnelle de la Galerie Inter Pallas (Montréal, 2006) nous présente une artiste en pleine force créatrice, préoccupée par des thèmes majeurs: la purification de l’esprit humain par l’art, croyance… (L’Alchimiste, le Poisson, Roses, Fruits…)

L’artiste, considère Raluca, tout comme l’alchimiste, est conduit par un esprit invisible, sous l’impulsion duquel, elle modèle la matière. Cet esprit, troublé par un mystère ancestral qui se trouve dans son subconscient, est retrouvé même chez certains artistes et philosophes roumains. Ceux qui la connaissent dans la vie de tous les jours, savent qu’elle est attirée par l’aspect  caché, mystérieux des choses, qui se reflètent même dans ses créations artistiques. 

Cette fois-ci elle s’est proposée une provocation plus courageuse, plus hardie: évader dans le sacré et le profane, intitulant les trois tableaux exposés - TRINITÉ. (Le terme nous a introduit dans le mythe de la création divine). Téméraire, elle prend avec assaut le thème de la féminité. Elle préfère les symboles parce qu’elle aime narrer d’assaut des moyens spécifiques pour l’art, car le mythe est un vrai symbole raconté.

L’arbre de la vie à la couleur de la flamme! - C’est l’arbre de la connaissance. Qui offre à Adam la pomme de la vie? - La femme serait-elle créée de la cote d’Adam, mais elle, la femme, le pousse vers la connaissance, en lui offrant la pomme. Elle a porté dans son ventre  le fruit de la création, et celui-ci porte en lui la semence de la persistance. Le deuxième tableau, présente trois pommes, sur l’arrière-plan d’un vieux tapis, usé, avec les fils effilés par le temps, comme des langues de feu; il est soutenu seulement par sa base solide, orné avec des motifs des anciens tissus roumains. Pourquoi a-t-elle choisi la pomme et non un autre fruit ? … Et pourquoi - trois pommes? - C’est l’origine stylistique ancestrale  qui nous dirige! (voir les contes, les balades, les incantations roumaines etc.) Le triangle, le connu symbole de la féminité, suggère en même temps la joie, imaginée par des fleurs, la création par des fruits et la persistance, par des semences. Regardez-les, évidentiés par sa technique spécifique de travail, en Triangle! Voilà ce que la femme offre !

Trinité - un hymne dédié à la femme par les moyens spécifiques des arts plastiques. Sacrilège du sacré ou la sacralisation du sacrilège?

Moi, je vois la maturité artistique de Raluca Pilat  dans la technique du travail  ainsi que dans les messages  qui surgissent de ses créations. Son style comprend une symbolique dont la  source se trouve dans le subconscient, provenant d’un ancestral fond culturel roumain. N’importe où on irait, n’importe où on se trouverait, quelles que soient les influences qui s’exerceraient sur nous, notre  subconscient nous place dans une matrice stylistique. Je trouve la création des deux artistes, Oana Comşa et Raluca Pilat,  immergée dans le mythe ancestral roumain.

Bon voyage, Versus !
Prof. Ortensia Tudor

 

Vernissage multiculturel et multiethnique
«L’art et l’amitié entre cultures différentes»

Par Luz Garcia de Zielinski

Le 19 janvier dernier a eu lieu, à la galerie de l’Agence de voyage Inter Pallas, située au 3550, chemin de la Côte-des-Neiges, le vernissage de l’exposition des membres du groupe d’artistes professionnels, multidisciplinaires et multiethniques de Verdun: «Empreintes d’artistes», autrefois «Les Argoulets».

Le groupe existe depuis 5 ans et compte parmi ses membres des artistes de renommée internationale comme :  Juan Manuel Vasquez, Paul Cormier, Jocelyne Langlois, Francine Bertrand, Agathe Boivin, Loraine Galarneau et LUZ Garcia.

Ces artistes, oeuvrant pour la plupart à Verdun,  nous ont proposé une réflexion « visuelle » sur le thème de l’amitié entre différentes cultures et ils nous ont présenté une gamme variée d’approches, de médiums et de traitement sur ce thème.  Lors de cette exposition, nous avons pu apprécier des huiles, des aquarelles, des encres et des photographies. À travers leurs peintures, ils nous ont ému, ils nous ont fait vibrer et ils nous ont transportés à des endroits différents car les exposants viennent de Guatemala, du Mexique, du Québec et de Nouveau Brunswick.  Une des missions du groupe est justement d’encourager les artistes dans leur art en favorisant des échanges multiculturels à travers les expositions organisées à Montréal et ailleurs.  

La variété de styles et de techniques enrichit et donne une force spéciale au groupe.   Nous avons pu admirer entre autres : les peintures sensuelles de Lorraine Galarneau, les textures originales dans les œuvres d’Agathe Boivin, le regard si profond et plein de tristesse qui se dégage des yeux des réfugiés dans les tableaux de Juan Manuel Vasquez, les belles natures mortes de Francine Bertrand et de Paul Cornier, la peinture abstraite de Jocelyne Langlois et le symbolisme qui entoure les travaux de LUZ.

«Empreintes d’artistes» a déjà une panoplie des expositions programmée jusqu’à l’année 2009, soyez attentif aux événements prochains.  Pour avoir plus des renseignements à leur sujet ou si vous voulez faire partie du groupe, vous pouvez écrire à lumar52@hotmail.com ou téléphoner en laissant un message au (514) 767-7142.