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TRIBUNA NOASTRA |
Seul contre le système
Elena Parvana
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Depuis plusieurs années, Constantin Florea, connu dans la communauté roumaine de Montréal comme un peintre très talentueux et restaurateur d’églises, est confronté avec de graves problèmes de santé, suite à un accident de travail. L’accident passé en 1994 lui a changé la vie et l’a transformé dans un homme comblé par les douleurs jour et nuit. Un homme qui cherche la justice et qui lutte avec le système qui l’ignore. Dès les premiers mois vécus au Canada, comme réfugié, Constantin Florea s’est impliqué dans la restauration et la décoration des églises de Montréal. Son travail n’est pas passé inaperçu et dans les papiers où est attestée sa résidence canadienne il est écrit “cas d’intérêt national”. C’était le premier signe que le talent, le travail et sa passion, mis dans l’intérêt de l’art sacré, y sont appréciés aussi. Il a été accepté par le système. Bientôt, le même système qui lui a permis de rester au Canada, le nommant “cas d’intérêt national” lui a transformé la vie dans une lutte continue et, comme le peintre lui-même le dit, dans une torture. En 1994, Constantin Florea a été engagé pour restaurer le Monastère Saint Hyacinthe de Montréal. Les travaux étaient complexes, il y avait beaucoup de travail. Le 21 juillet allait se produire l’accident qui lui a changé la vie. Se trouvant sur une charpente d’environ 15 mètres, pas très sûre, le maître Constantin Florea a glissé et il est tombé en vide presque 5 mètres, se blessant dans sa chute à la tête et aux bras en se heurtant de la charpente métallique. Les coups ont été très durs, le bras gauche lui a été arraché de l’épaule et il a souffert aussi de nombreux traumatismes au niveau de la tête et du torrace. Même s’il a souffert aussi des pertes de mémoire suite à l’accident, Constantin Florea se souvient, très clairement, les moments qui ont suivi à l’accident. Se sont des choses qui, dans toutes les années qui ont passé, sont restées avec de grands signes d’interrogation. Constantin Florea se demande même aujourd’hui comment a été possible que, dans les premiers moments d’après l’accident, les religieuses du monastère n’aient pas appelé un médecin, l’ambulance, mais elles se sont mises à réparer toutes seules la charpente où traînait le peintre. Toujours seules, elles se sont occupées de ses blessures, même si l’intervention d’un cadre médical était plus que nécessaire. Et ça a été seulement le commencement de la longue chaîne d’événements qui ont mené à la situation où se trouve aujourd’hui Constantin Florea. Le peintre nous avoue que les religieuses l’ont aussi conseillé de ne pas déclarer l’accident car il aurait risqué de ne plus pouvoir emmener sa famille ici, au Canada, famille qui est restée en Roumanie, dans un processus de parrainage étant absolument essentiel de pouvoir prouver qu’on travaille, qu’on est apte pour le travail et pour entretenir la femme et les enfants. La peur de ne pas pouvoir voir sa famille a determiné M. Florea d’accepter le conseil des religieuses. Seulement après quelques mois quand son état de santé s’est beaucoup agravé, il a decidé de parler et de trouver de nouvelles solutions pour sa santé. C’est alors qu’il a appris qu’il y a aussi un organisme qui a le rôle de protéger les victimes des accidents de travail: Commission de la Santé et de la Sécurité du Travail du Québec. Toutes ses démarches ont été inutiles.
“Les dés doivent être jetés” Même si après l’accident, M. Florea a été diagnostiqué avec plusieurs maladies qui lui ont affecté la santé physique et psychique, personne ne l’a reconnu comme victime d’un accident de travail suite auquel il a perdu partiellement sa mobilité. Au contraire, la résolution dit clairement que dans le cas de M. Florea il s’agit de “condition personnelle préexistante”, ce qui signifie que toutes les maladies dont il a été diagnostiqué auraient existées déjà avant l’accident. C’est une chose infirmée par le peintre ainsi que par ceux avec lesquels il a travaillé. Avant l’accident le peintre Florea était “gâté” par les collègues et ses amis avec le nom de “Tracteur”, et ça juste à cause de sa virilité et de sa force. M. Florea considère que “c’est un crime de tenir compte d’un tel diagnostic, quand après l’accident je me trouve dans l’impossibilité d’utiliser mon bras droit, je bouge avec difficulté, je résous avec difficulté, j’ai perdu ma mémoire. Ma vie désormais est une lutte et une torture auxquelles me soumettent ceux de la Commission de la Santé et de la Sécurité du Travail du Québec”. Pour Constantin Florea chaque jour est un jour où il doit lutter avec ce système et de prouver que cet accident là, lui a pris une partie de sa vie, lui a détruit les rêves et ses projets. L’esperence la plus grande est, qu’un jour, la Commission de la Santé et de la Sécurité du Travail du Québec lui va reconnaître ses droits et il va être traité par les medecins pour retrouver, au moins dans une partie, sa santé. Les idées et le talent ne manquent pas au peintre Florea, la volonté et la science, c’est le bras impuissant et la cane sur laquelle il s’appuie pour pouvoir bouger qui l’empêchent, à ses ni 60 d’ans. Suite à un accident qui l’a transformé du “sauveur d’églises” comme l’ont surnommé les Canadiens à son arrivée au Québec, dans une “cause personnelle préexistante”. |