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TRIBUNA NOASTRA |
Adhésion européenne :
qu’est-ce que la Roumanie va y perdre et y gagner?
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La date est certaine: le 1-er janvier 2007. Mais qu’est-ce que la Roumanie risque de gagner et de perdre par son adhésion à l’Union européenne? Croissance économique et stabilité politique, prédisent les plus optimistes. Dans beaucoup de secteurs, cependant, la Roumanie n’est plus compétitive et elle subit durement les coups de la concurrence internationale, notamment chinoise. La date est certaine: le 1er janvier 2007. Qu’est-ce que la Roumanie gagnera et perdra une fois qu’elle aura adhéré, voilà la question qui se pose maintenant, constate l’Institut des études économiques internationales de Vienne. Selon l’Institut, les bénéfices seront visibles notamment au niveau de l’activité de commerce, de la croissance économique, des investissements et de l’infusion de fonds européens, annonce Rompres. Economie vs. politique Du point de vue économique, les prédictions à moyen terme pour les deux pays se sont situées entre 5 et 6% de croissance économique actuelle. Du point de vue politique, l’adhésion des deux pays contribuera à la stabilité dans la zone des Balkans, déclare Hunya Gabor, analyste de l’Institut viennois, cité par DPA. Selon les spécialistes, les problèmes pourraient cependant se montrer au niveau des petites entreprises et des entreprises moyennes, dans l’agriculture et dans l’industrie alimentaire. Hunya indique que si l’adhésion avait été reportée d’un an, les deux pays auraient couru le risque d’émousser leur motivation pour les réformes. La prorogation aurait affiné certaines améliorations, sans pour autant faire une différence structurelle, toute modification fondamentale exigeant plus d’un an. Un avantage pour l’économie des nouveaux venus est la différence de salaires par rapport à l’Europe occidentale. Les salaires en Roumanie et en Bulgarie représentent un tiers de la moyenne des pays faisant partie de l’UE dans la formule de 15 membres (avant le 1er mai 2004), à savoir 70% de la moyenne des dix pays ayant adhéré il y a deux ans. Un rapprochement du niveau moyen de salarisation prendra plusieurs décennies. Selon Hunya, aucun changement majeur n’est attendu en ce qui concerne la production. De grandes différences en termes industriels et de logistique existent encore entre les deux pays et l’Ouest. Même si certaines facilités de production ont été implantées dans ces pays, surtout dans le domaine de la production de meubles, vêtements ou chaussures, les ventes sur le marché interne ont été fort perturbées par les imports de Chine. Restrictions pour les ouvriers roumains Pour ce qui est de la migration de la force de travail, des restrictions temporaires pour les ouvriers bulgares et roumains sont envisageables par la plupart des membres de l’UE. En même temps, le taux de chômage a baissé dans les deux pays, atteignant 10% en Bulgarie et 7% en Roumanie. Selon les chercheurs viennois, le salaire moyen est de 163 euros en Bulgarie et de 264 euros en Roumanie. Dans ce contexte, EurActiv a tenté de passer en revue les secteurs que l’adhésion fera gagner ou perdre. Selon le site, les textiles, la confection et la maroquinerie ont enregistré des baisses record en 2005. Leur faible performance est inquiétante, étant donné qu’il s’agit de secteurs où la Roumanie est bien spécialisée et qui, il y a peu, propulsaient la production industrielle et les exports. Les deux autres domaines essentiels pour l’industrie et la croissance économique sont l’usinage du bois et la production de meubles. Ce sont les seuls qui, aux yeux des spécialistes, se maintiennent à la surface et peuvent encore éviter la submersion lente de l’industrie d’usinage en général. En ce qui concerne l’usinage du bois, la Roumanie a constaté une croissance moyenne de 16% en 1999-2004. Comme pourcentage dans la structure de l’industrie, ce secteur note une croissance de 1,8% en 1994 à 2,7% en 2003. Dans l’Union européenne, on a observé pour le même secteur un taux moyen de croissance annuelle de 1,1% de la valeur ajoutée et de 2,4% de la productivité du travail. Les analystes rappellent qu’une vieille loi de l’économie déclare la croissance économique d’un pays en péril dès que l’industrie de l’usinage n’enregistre pas une croissance annuelle supérieure à 3%. Les données des études spécialisées montrent que la Roumanie s’approche de façon inquiétante de ce seuil. La cause en serait la performance faible des secteurs-clés importants pour l’export. En revanche, d’autres secteurs qui, conformément aux analyses de spécialités, devraient être encouragés, ont été négligés en Roumanie: les machines électriques, la technique de calcul et les équipements de télécommunications, les moyen de transport. Ils ont un énorme potentiel de croissance, mais pour l’instant on ne compte pas beaucoup d’actions et d’effets concrets dans ce domaine. «On a effectué une analyse de l’évolution économique de 169 pays, sur une durée de 25 ans, qui a démontré sans équivoque que les pays ayant développé l’industrie de l’usinage à un rythme plus alerte ont aussi développé un ensemble de secteurs: les machines électriques, les moyens de calcul, les équipements de télécommunications, les appareils de mesure, les moyens de transport routier, des machines et des équipements. En Roumanie, aucun ne s’est développé, à une exception près: les investissements réalisés par une multinationale dans le domaine de l’automobile. A part cela, nous n’avons pas de compagnies fortes en Roumanie, des filiales de multinationales qui puissent pousser en avant ces domaines», a déclaré Cezar Mereuţă, vice-président du Centre Roumain de Modélisation Economique (CERME).
Les paris «perdants» de la Roumanie La Roumanie a parié sur une série de domaines qui peuvent à l’heure actuelle être considérés comme «perdants», en tenant compte de la compétitivité au plan international et notamment dans les relations avec l’UE. Pour les textiles, les vêtements, la maroquinerie et les chaussures, le choc de la concurrence des produits chinois a poussé à la fois les producteurs roumains et européens au bord de la faillite. L’industrie alimentaire et des boissons est caractérisée par une situation paradoxale : elle a beau se défendre bien sur le plan interne, les performances externes sont quasiment nulles. Dans le domaine de l’industrie textile, la Roumanie a enregistré une baisse moyenne de 3% en 1999-2004. Dans l’UE, ce secteur représente 8% de la valeur ajoutée brute, sur la totalité de l’industrie d’usinage, en baisse comme production. La baisse moyenne dans la période 1993-2004 est de 2%. Les défis essentiels: l’innovation, les droits de propriété intellectuelle, la compétition des pays à force de travail peu chère. Les restructurations sont la clé pour la poussée de la performance. L’industrie alimentaire, vue comme une secteur global et relativement stable, a sans cesse baissé dans la structure de la production industrielle, le maximum étant de 18% en 1998, passant à 12% en 2002. A présent, elle en constitue 13%. Dans l’UE, ce secteur représente 20% de la valeur ajoutée brute de l’industrie d’usinage et note des taux de croissance moyens et élevés. La législation et l’innovation, voilà les plus grands défis. La faible performance des secteurs-clés de l’industrie d’usinage, au cours de la dernière année, ne confère pas de perspective très promettante pour 2006, non plus que pour 2007. L’adhésion sera une mauvaise surprise pour les entrepreneurs n’ayant pas mis au point leurs systèmes de management ou les standards pour la protection de l’environnement. Selon les experts, ce n’est qu’un des facteurs susceptibles de donner des maux de tête aux compagnies roumaines. «Les secteurs industriels traversent aujourd’hui une restructuration forcée. Pour la plupart des compagnies, elle est synonyme de réduction des coûts du marché et des marges de profit. En principe, la restructuration a consisté en une série de pressions conjoncturelles: le taux de change, la libéralisation commerciale par les accords internationaux», a expliqué Liviu Voinea, directeur de recherche du Groupe d’Economie Appliquée (GEA), cité par EurActiv. B. G. |